Marie-Thérèse et les Pays-Bas autrichiens :
la souveraineté à distance

Le décès de Marie-Thérèse et son souvenir dans les Pays-Bas à la fin de l'Ancien Régime

Marie-Thérèse décède à Vienne le 29 novembre 1780. L’annonce de son décès parvient à Bruxelles quelques jours plus tard. Les autorités prennent immédiatement les mesures pour fixer le deuil et organiser les obsèques. Celles-ci auront lieu à Bruxelles, en la collégiale de Sainte-Gudule les 22 et 23 décembre 1780, puis quelques jours plus tard en province. On possède la description détaillée des cérémonies. Par ailleurs plusieurs auteurs ont publié des oraisons funèbres en l’honneur de la souveraine disparue, toutes à la gloire de Marie-Thérèse.

Très vite, l’Empereur Joseph II va imprimer sa marque en accélérant le rythme des réformes dans les Pays-Bas, touchant les relations entre l’Église et l’État, et renforçant encore l’emprise du gouvernement en matière de politique financière et judiciaire. Même si ces mesures s’inscrivaient dans la suite de la politique menée auparavant par sa mère, elles ne furent pas mises en œuvre avec la même prudence. Lorsque la révolte gronda à partir de 1787 pour déboucher sur la Révolution Brabançonne en 1789, de nombreux pamphlets se mirent à circuler, dans lesquels la description du souvenir de l’heureux règne de Marie-Thérèse contrastait avec la rudesse des réformes de Joseph II. Cette vision idéalisée de l’époque révolue de Marie-Thérèse n’a cependant pas toujours fait l’unanimité, puisque certains ont établi le lien entre les premières mesures prises sous son règne et les réformes joséphistes qui ont suivi. Après la Révolution, lors de la restauration du régime autrichien dans les Pays-Bas, la forme du gouvernement tel qu’il prévalait sous Marie-Thérèse fut rétablie, effaçant le caractère le plus visible de certaines réformes mises en place par son successeur.

Le décès de Marie-Thérèse et son souvenir dans les Pays-Bas à la fin de l'Ancien Régime