Marie-Thérèse et les Pays-Bas autrichiens :
la souveraineté à distance

Connaître les Pays-Bas malgré la distance

Pour gouverner les Pays-Bas malgré la distance, un système de correspondances régulières permettait à la souveraine de prendre les décisions sur les principaux dossiers, tout en laissant la conduite des affaires courantes aux autorités établies à Bruxelles. En effet, il fallait plus d’une semaine pour relier Bruxelles à Vienne, grâce à la poste ou aux aller-et-retours des messagers, mais la rapidité de traitement des dossiers palliait cet inconvénient.

La souveraine commanda des rapports et des mémoires sur ces territoires afin de pouvoir former son fils Joseph, appelé à lui succéder. Parmi ces documents, les mémoires du chef-président du Conseil privé, le comte Patrice-François de Neny, se révèlent comme le premier traité faisant le point sur l’histoire et les institutions des Pays-Bas. Dans le même temps, une vaste entreprise de cartographie des Pays-Bas fut menée à bien sous la direction du général de Ferraris, offrant à la postérité la première carte d’ensemble des Pays-Bas et de la Principauté de Liège. Les officiers des douanes établissent à la même époque la première statistique industrielle dans ces pays. Les différentes mesures prises en vue d’appréhender la situation financière des pays gouvernés relèvent également de ce souci de mieux contrôler ces territoires, afin pouvoir les gouverner de manière plus efficace et rationnelle.

La circulation des individus au sein des différents territoires de la monarchie constitue une autre facette de la diffusion des connaissances: militaires, membres du gouvernement, le gouverneur général lui-même, mais également des particuliers comme les artistes, ont souvent fait le chemin entre Bruxelles et Vienne, apportant chacun leur part d’information sur ces territoires éloignés du centre de la monarchie. Marie-Thérèse a pu ainsi connaître à distance les Pays-Bas et leur culture. Elle en a d’ailleurs personnellement apprécié l’importance, comme en témoignent certaines de ses annotations manuscrites sur les rapports qu’elle lisait systématiquement.

Connaître les Pays-Bas malgré la distance