Marie-Thérèse et les Pays-Bas autrichiens :
la souveraineté à distance

Gouverner à distance : officialiser la prise de pouvoir

Dans la perspective de sa succession, l’Empereur Charles VI prit soin de faire accepter la Pragmatique Sanction par les Puissances européennes afin d’assurer l’accès au trône des Habsbourg à sa fille aînée, l’archiduchesse Marie-Thérèse. En principe, cet accord aurait dû permettre une succession sans heurts, mais celle-ci sera rapidement remise en question et débouchera sur un conflit majeur, la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748), mettant en danger la souveraineté de Marie-Thérèse. La souveraine affirmera néanmoins la légitimité de son pouvoir dans l’ensemble des possessions habsbourgeoises, suivant les rituels propres aux différentes parties de son empire.

Dans les Pays-Bas, la reconnaissance de chaque nouveau souverain se faisait traditionnellement lors des cérémonies de Joyeuse Entrée, qui avaient pour but de sceller l’union entre le Prince et les différents États provinciaux. En l’absence de Marie-Thérèse, c’est le gouverneur général, Charles de Lorraine, qui la représenta en 1744 à ces cérémonies, du moins à Bruxelles et à Gand. Dans les autres provinces, des membres éminents de la noblesse se chargeaient de représenter le pouvoir central lors de ces cérémonies.

Gouverner à distance : officialiser la prise de pouvoir