Marie-Thérèse et les Pays-Bas autrichiens :
la souveraineté à distance

La présence de Marie-Thérèse dans l'espace public

Même si Marie-Thérèse ne se rendit jamais dans les Pays-Bas et qu’elle y fut représentée par le gouverneur général, les marques symboliques de la souveraineté affirment en permanence sa tutelle sur ces régions. C’est d’abord par l’exercice du pouvoir législatif qu’elle se traduit, les ordonnances étant prises en son nom et affichées dans les territoires concernés. Les documents officiels sont munis des signes de la souveraineté, les armoiries et le sceau de la souveraine, qui les authentifient. Les armes du souverain sont d’ailleurs affichées en de nombreux endroits, sur des bâtiments publics comme les relais de poste, et même sur certains établissements industriels qui ont obtenu le privilège d’obtenir le statut de manufacture impériale et royale, signalant leur lien privilégié avec le pouvoir. Les monnaies et médailles à l’effigie de l’Impératrice diffusent également son image dans ces pays éloignés.

Les événements importants liés à Marie-Thérèse, qu’ils concernent l’exercice du pouvoir ou sa vie privée, sont également rappelés systématiquement dans la Gazette des Pays-Bas, le journal officiel, et se célèbrent dans l’ensemble de ses pays lors des cérémonies religieuses organisées par le gouvernement : l’anniversaire de la souveraine, la naissance de ses enfants, l’annonce des victoires militaires... Les événements tragiques sont également médiatisés. Ainsi, lorsqu’en juin 1767, on craignit pour la vie de l’Impératrice, frappée par l’épidémie de petite vérole (la variole), des prières publiques furent organisées dans l’ensemble des paroisses des Pays-Bas en faveur de son rétablissement. Tous les habitants, des villes et des campagnes, purent ainsi être atteints par le son des cloches appelant au recueillement. Lorsque la convalescence de Marie-Thérèse put être enfin annoncée, après les affres de l’attente, des festivités publiques permirent à la population de se réjouir de l’heureuse nouvelle dans les différentes villes des Pays-Bas. Ces manifestations de liesse, les Te Deum ponctués par les salves d’artillerie, les banquets, les fontaines de vin, les bals gratuits et illuminations sont soigneusement décrits dans la Gazette des Pays-Bas, et sont aussi mentionnés dans le journal autographe de Charles de Lorraine.

La présence de Marie-Thérèse dans l'espace public